Après Délire d'amour, Expiation est le second roman de Ian McEwan que je lis. Délire d'amour ne m'avait pas entièrement
convaincue, je le suis un peu plus par Expiation, même si ce n'est pas encore aujourd'hui que McEwan va rentrer au panthéon de mes auteurs cultes. Le thème du roman en lui-même
est très fort : "Sous la canicule qui frappe l'Angleterre en ce mois d'août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. [...] Mais lorsqu'elle surprend sa grande
sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour se recroiser cinq ans plus tard, dans le
chaos de la guerre, entre la déroute de Dunkerque et les prémices du Blitz. Mais est-il encore temps d'expier un crime d'enfance ?" (4e de couverture). C'est donc l'histoire d'une
enfant qui, suite à un malheureux concours de circonstances, va briser la vie d'un homme et celle de sa soeur par la même occasion, et passera ensuite le reste de son existence à tenter de
racheter sa faute.
Ian McEwan possède un sens aigu du détail. Il excelle en outre à créer des ambiances et à décrypter la psychologie de ses personnages. Le revers de la médaille étant du coup que les chapitres
traînent en longueur, surtout dans la première partie du roman puisqu'il faut attendre 250 pages pour que le drame se produise et entrer enfin dans le vif du sujet. Bon, honnêtement, je me
suis parfois ennuyée. Cela va un peu mieux par la suite, lorsqu'on aborde les parties se déroulant pendant la Seconde guerre mondiale : on suit d'abord Robbie en France en 1940, au moment de
la déroute de Dunkerque, quand l'armée anglaise fuit le pays, puis Briony, devenue infirmière à Londres. Ces chapitres sont très réalistes : on sent qu'il y a une solide
documentation derrière. Quant aux dernières pages d'Expiation, elles sont bouleversantes et initient une réflexion passionnante sur les pouvoirs de l'écrivain et leurs limites.
Au final, un beau roman, d'une grande justesse dans la description des émotions et qui réussit à allier intrigue sentimentale et réflexion morale en mettant en scène des personnages
complexes et attachants.
Un film a été tiré du roman. Bizarrement réintitulé "Reviens-moi" en français (pour mettre l'accent sur le côté mélo de l'histoire je suppose), il est réalisé par Joe Wright (Orgueil et
préjugés), avec en vedette Keira Knightley et James McAvoy. On y retrouve toutes les scènes-clé du roman, sans les longueurs, et la fin est aussi poignante que dans le livre.

Belles images, belle musique, beaux acteurs (je vous rassure, Keira reste impeccablement maquillée et coiffée tout au long du film, même en période de guerre et de privations), bref, un très bon
moment de cinéma.
Et pour mettre l'eau à la bouche de ceux qui n'auraient pas encore vu le film, voici la bande annonce qui ne manquera pas de faire chavirer les coeurs sensibles.
par Caroline
publié dans :
Lectures
6
Un peu de musique en ce dimanche ensoleillé. Vous connaissez sans doute Le fantôme de l'opéra, le roman de Gaston Leroux relatant l'histoire d'amour
contrariée entre un musicien défiguré qui hante les souterrains de l'Opéra de Paris et Christine, une jeune chanteuse.
Andrew Lloyd Weber en a tiré une comédie musicale qui fait les beaux jours de Broadway depuis 1986. Voici la chanson "The Phantom of the Opera", emblématique du spectacle et souvent reprise par
la suite par d'autres artistes, notamment des groupes de métal comme Nightwish.
La chanson est interprétée par Sarah Brightam, qui a créé le rôle de Christine à Broadway, et Antonio Banderas himself, qui n'a manifestement pas peur de se caricaturer en latino
ténébreux. Le tout est assez grandiloquent, mais totalement culte !
par Caroline
publié dans :
Cultissime
5
Connaissez-vous Dexter ? Cet homme charmant en apparence travaille dans le service médico-légal de la police de Miami en tant qu'expert en taches de sang. Sa vie
paraît banale et sans aspérités, mais en réalité Dexter cache un terrifiant secret: c'est un tueur en série. Mais attention, Dexter n'est pas un vulgaire serial killer car il ne tue pas n'importe
qui. Son père adoptif, Harry, lui-même officier de police, l'a éduqué pour qu'il ne s'attaque qu'à ceux qui le méritent, à savoir les meurtriers qui sont parvenus à échapper au système
judiciaire. Et Dexter, qui est incapable de ressentir la moindre émotion, rend donc la justice comme son père le lui a inculqué, se posant ainsi en protecteur des innocents.
Bien sûr, tout cela est délicieusement immoral et assez gonflé. L'idée de ce serial killer / justicier de l'ombre revient à l'américain Jeff Lindsay. Deux romans ont été édités en France, et un troisième (Dexter in the Dark) est paru aux États-Unis en
octobre dernier.
Naturellement, il y a un côté sanglant et sordide dans les aventures de Dexter (le rituel de ses meurtres par exemple est hyper
glauque), mais il est contrebalancé par un humour omniprésent et souvent cynique. Car Dexter, comme il aime à le répéter, n'est pas humain. Il ne parvient à mener une existence
relativement normale qu'en simulant toutes ses émotions et en jouant la comédie en permanence. Il ne comprend rien aux sentiments des autres, ce qui donne parfois lieu à des situations
cocasses. Au final, ce côté décalé rend le personnage très sympathique (si c'est pas immoral ça).
Les romans se lisent avec plaisir, même si les dénouements sont un peu rapides, mais c'est surtout la série qui en est tirée qui vaut le détour. Elle compte à l'heure actuelle deux
saisons de 12 épisodes chacune, et c'est un petit bijou d'humour noir, porté par le fabuleux Michael C. Hall (vu dans Six feet under notamment).
Sa performance est exceptionnelle : il passe avec une facilité déconcertante de l'américain moyen débonnaire au tueur en série glacial. Et tous ses
commentaires en voix off qui égrènent la série sont un régal.
Voici le générique, déjà culte, qui joue avec la couleur rouge du sang :
En fait, romans et série sont complémentaires, car la série, si elle suit à peu près la trame du 1er volume, s'éloigne complètement du second. De plus, l'histoire et les personnages y
sont plus développés que dans les livres. C'est le cas par exemple pour la fragile Rita, la "petite amie" de Dexter, qui est interprétée par Julie Benz, connue de tous les fans de
Buffy et Angel puisqu'elle y incarnait le vampire Darla.
Voilà, il ne vous reste plus à présent qu'à vous plonger dans l'atmosphère moite de Miami !
Et je laisse le mot de la fin à ce cher Dexter, incurablement cynique : "Je suis toujours content de fréquenter quelqu'un qui me trouve formidable. Cela ne fait que confirmer la piètre
opinion que j'ai des gens".
par Caroline
publié dans :
Cultissime
9
L'oeil vif et la plume au vent, notre chasseuse de livres préférée s'est mis en tête de débusquer Le Cercle du Phénix à la FNAC. Sa mission a été couronnée de succès. Pour la suivre dans ses aventures (au moins aussi trépidantes que celles de Cassandra Jamiston), c'est ici. Merci à elle !
par Caroline
publié dans :
Le Cercle du Phénix
0
Bienvenue dans mon nouveau chez-moi ! A l'occasion de la sortie de mon premier roman, Le Cercle du Phénix, aux éditions Flammarion, j'ouvre un nouveau blog.
Je continuerai à y parler de mes lectures, mais également de musique, de cinéma etc.
Vous êtes peut-être intrigués par le nom "Carolyn Grey" ? C'est un pseudonyme (je confirme que je ne suis pas du tout anglaise ;-) que j'ai choisi de prendre parce que cela collait mieux à
l'ambiance du roman, qui se déroule en Angleterre en 1860. Voilà, vous savez tout maintenant. J'espère que vous vous plairez ici. A bientôt !
par Caroline
publié dans :
Bavardages
28
Vos commentaires