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Le Cercle du Phénix

En vrac, des livres...












 







 



Le Cercle du Phénix
Les aventures de Cassandra Jamiston
Editions Flammarion
5 mai 2008
 



Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /2008 10:45


Au début du XVIIIe siècle, en Silésie, près de la frontière polonaise, un jeune officier déserteur d'origine suédoise, Christian von Tornefeld, et un voleur sans nom promis au gibet échangent leurs identités. C'est le début d'une nouvelle vie pour le vagabond devenu le Cavalier suédois, mais pourra-t-il échapper à son destin ?

Je découvre Leo Perutz avec ce livre, et c'est une excellente surprise. À la fois roman d'aventures, histoire d'amour et peinture historique d'une époque troublée, Le Cavalier suédois est un roman foisonnant. Tant la forme que le fond sont brillants. L'écriture est superbe, la langue d'une richesse savoureuse. Grâce à son souci du détail, Leo Perutz immerge sans peine le lecteur dans la Silésie du XVIIIe siècle. Quant à l'intrigue, complexe et parfaitement huilée, elle gagne en intensité jusqu'au très habile dénouement final. Le Cavalier suédois sera-t-il démasqué ? Pourra-t-il échapper à la fatalité qui le guette ? Le thème de la substitution d'identité est exploité avec virtuosité, et le suspense qu'il engendre est entretenu jusqu'aux dernières pages du roman.

Le Cavalier suédois
met en scène une belle galerie de personnages picaresques, à l'instar du capitaine des dragons, le bien nommé baron Maléfice. Le héros, pétri de doutes et d'ambiguïtés, est particulièrement intéressant. Il oscille en permanence entre la crapule et l'homme de cœur, mais se révèle attachant et souvent touchant. Ma seule réserve concerne le personnage de Maria Agneta qui aurait peut-être gagné à être plus consistant. On ne sait finalement pas grand chose d'elle, sinon qu'elle est jeune et jolie, et elle apparaît assez fade, surtout en comparaison de l'autre figure féminine du roman, Lies la Rousse. Du coup, j'ai eu du mal à m'intéresser à l'histoire d'amour qui la lie au cavalier suédois.

Le fantastique tient une place importante dans le récit qui fait la part belle aux rêves, aux anges, aux fantômes et à l'Enfer sur Terre avec les forges de l'évêque, au point qu'on a parfois l'impression de lire un conte. J'ai beaucoup aimé ce mélange, une histoire sombre, tragique et réaliste, matinée de surnaturel et de superstitions.

Au final, ce roman flamboyant est une belle découverte. C'est aussi l'avis de Fashion, Caro[line], Emeraude et Katell. 

Par Caroline - Publié dans : Lectures
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Lundi 3 novembre 2008 1 03 /11 /2008 15:30



Quatrième de couverture
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1885 : Sigmund Freud vient suivre à Paris les leçons sur l'hystérie du célèbre professeur Charcot. La psychanalyse n'existe pas encore. Le jeune étudiant viennois, qui ne dédaigne pas la cocaïne, dont il a découvert les effets stimulants, arpente la capitale et fait la connaissance, à la Salpêtrière, des premières femmes internes des hôpitaux. Et voici que Charcot l'appelle à l'aide pour élucider une série de meurtres, dont la mise en scène ne peut qu'exciter ses talents d'interprétation.
2008 : à Toulouse, la séance d'ouverture d'un colloque de psychiatrie vire au drame quand un des participants est retrouvé assassiné. La mise en scène macabre réveille les souvenirs d'Antoine Le Tellier. Bientôt, le jeune et séduisant psychiatre doit se rendre à l'évidence : les crimes qui ont marqué le premier séjour parisien de Freud sont à nouveau perpétrés un siècle plus tard. Des aliénistes d'hier aux psychiatres d'aujourd'hui, ce roman est une saisissante plongée dans le quotidien des praticiens, doublée d'un portrait de Freud marquant et plein d'audaces. Un polar à la fois énigmatique, haletant et sanglant.

Après Petits arrangements avec l'infâme, voici le nouvel opus des aventures d'Antoine Le Tellier, le beau et brillant psychiatre, toulousain d'adoption. Exit l'affaire Calas et Voltaire, Le Tellier est cette fois-ci confronté à une sordide série de meurtres qui semble reproduire des crimes commis à l'hôpital de la Salpêtrière à la fin du XIXe siècle, crimes sur lesquels avait enquêté le grand Sigmund Freud en personne. Comme dans le premier volume, Patricia Parry utilise des personnages et des faits historiques réels pour construire son histoire, et multiplie habilement les allers-retours entre le passé et le présent par le biais du journal de Jacob Bloch, condisciple et ami de Freud. Le contexte historique de Cinq leçons sur le crime et l'hystérie (j'adore ce titre) est à la fois original et passionnant. C'est l'occasion en effet d'en apprendre plus sur les débuts de la psychiatrie et les apports du professeur Charcot en la matière, avec notamment ses travaux sur l'hystérie, le tout dans un contexte politique marqué par de violentes attaques antisémites.

On retrouve avec plaisir le sympathique Antoine Le Tellier, d'autant que les quelques informations fournies sur son passé titillent la curiosité et laissent présager d'intéressantes révélations par la suite. Les autres personnages sont également très réussis, surtout celui d'Anne qui gagne encore en consistance par rapport au premier volume.

Le style est toujours efficace, et les chapitres courts et percutants apportent beaucoup de dynamisme au roman. L'intrigue est menée de main de maître et les rebondissements s'enchaînent sans faiblir jusqu'au surprenant dénouement. Cerise sur le gâteau, Patricia Parry ne manque pas d'humour (ah, la fine allusion à George Clooney m'a bien fait rire).

Bref, un roman à lire d'urgence ! À quand la suite ?

L'avis d'Amanda, également conquise.

Par Caroline - Publié dans : Lectures
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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /2008 10:40


1950 - Le matin qui suit leur nuit de noces, l'époux d'Ariah Littrel se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara. La Veuve blanche des Chutes, ainsi que la surnomme la presse, veille une semaine entière jusqu'à ce que le corps de son mari soit retrouvé. Durant cette période, la jeune femme attire l'attention de Dirk Burnaby, un brillant et séduisant avocat de Niagara Falls qui tombe fou amoureux d'elle. Une passion ardente lie le couple qui va connaître dix ans de bonheur absolu avant que la malédiction des Chutes s'abatte de nouveau sur leur famille. C'est aux trois enfants Burnaby qu'il appartiendra de découvrir les secrets du drame qui a brisé la vie de leurs parents...

Les Chutes
(Prix Femina du roman étranger 2005)est le premier roman de Joyce Carol Oates que je lis, et je n'ai pas été déçue. L'histoire, très dense, est difficile à résumer
tant elle emprunte des directions surprenantes. Le roman démarre très fort avec le suicide du jeune pasteur Littrell le lendemain de son mariage. J'ai trouvé les chapitres d'ouverture réellement magnifiques. D'une intensité fiévreuse, les premières pages plantent le décor en instaurant une ambiance sombre et tumultueuse qui perdurera tout le long du livre. Après le mariage d'Ariah avec Dirk Burnaby, l'intrigue prend ensuite un tournant inattendu puisque se développe sur fond de boom économique un scandale à la Erin Brokovitch lié à la pollution industrielle.

L'un des points forts de cette saga familiale réside dans ses personnages à la psychologie fouillée, et plus particulièrement dans celui d'Ariah qui domine tout le récit. Difficile de trouver caractère plus énigmatique que cette femme complexe et bourrée de contradictions, à la fois attachante et exaspérante, forte et craintive. Après le suicide de son premier mari, Ariah se considère comme damnée. Dès lors, elle vivra dans le fatalisme, s'attendant toujours au pire pour ne pas être déçue (ainsi, malgré l'amour que lui porte Dirk Burnaby, elle est persuadée qu'il finira par l'abandonner). Je ne saurais dire si j'ai aimé ou détesté le personnage d'Ariah, mais ce qui est sûr, c'est qu'elle ne m'a pas laissée indifférente. Son caractère entier, sa fierté ("Toute faiblesse lui inspire du dégoût, et la sienne le dégoût d'elle-même"), son refus des concessions la rendent très intéressante et forcent même parfois l'admiration.

L'autre point fort du roman consiste dans le réquisitoire que Joyce Carol Oates dresse contre les dérives environnementales de la gigantesque expansion industrielle des années 50-60 aux États-Unis. Dans la région de Niagara Falls se multiplient en effet à cette époque les usines chimiques, et cette prolifération se fait sans souci des conséquences écologiques et humaines : rendus malades par les déchets chimiques, des gens meurent dans l'indifférence générale. Motivés par l'appât du gain, les notables font preuve d'un cynisme terrifiant, fermant les yeux sur les implications mortelles du développement économique. Joyce Carol Oates dresse un tableau très noir de ces élites violentes et corrompues, cependant contrebalancé par le personnage au grand coeur de Dirk Burnaby qui lutte pour tenter de mettre fin à ce scandale.

A la fois roman social et politique et histoire d'amour passionnée, le récit possède un charme vénéneux et envoûtant, à l'instar des chutes du Niagara qui ont donné leur nom au livre. Car ce sont elles qui constituent le coeur du roman. Loin de leur image touristique, c'est leur aspect maléfique qui est ici souligné, puisqu'elles sont décrites comme source de mort.

Comme vous l'aurez compris, Les Chutes est loin d'être un roman comique. Le style de Joyce Carol Oates transpire le drame
, et ce n'est pas certain qu'il plaise à tout le monde. Mais personnellement, j'ai beaucoup aimé son écriture subtile, et je retenterai volontiers l'expérience.

Par Caroline - Publié dans : Lectures
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Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /2008 17:50


Quatrième de couverture :
Mélie, soixante-douze ans, vit seule à la campagne. Sa petite-fille, Clara, vient pour la première fois passer toutes les vacances d'été chez elle. La veille de son arrivée, Mélie apprend qu'elle a un problème de santé... Elle verra ça plus tard. La priorité, c'est sa Clarinette chérie !
Mélie, le mélo, c'est pas son truc. Elle va passer l'été (le dernier ?) à fabriquer des souvenirs à Clara. Des rigolos. Comme regarder pousser les bambous en écoutant la Traviata, chanter sous la pluie des chansons de Nougaro, goûter les mauvaises herbes qui poussent le long des chemins. Il y a aussi... le vieux Marcel qui va apprendre à Clara à faire de la mécanique, Fanette, sa mère, qui va lui trouver un beau-père, Bello, son parrain, qui va agrandir sa bande de filleuls musiciens. Et puis, comme la vie est vraiment dingue des fois, il y a Mélie qui va enfin rencontrer le grand amour... Cent cinquante ans à eux deux ? Mais quand on aime, on ne compte pas !

Pour parler franchement, ce type de roman n'est a priori pas ma tasse de thé. Ici, pas d'ambiances sombres, de personnages tordus et d'intrigues alambiquées comme je les aime. Et pourtant, encouragée par les excellentes critiques qu'avait reçues le premier ouvrage de Barbara Constantine, Allumer le chat, je me suis lancée dans À Mélie, sans mélo. Et je ne le regrette pas, car j'ai beaucoup apprécié (comme quoi il est souvent bon d'élargir son horizon).

Il y a dans chaque ligne de ce roman une sincérité et une générosité qui font chaud au coeur. Les chapitres très courts couplés à des dialogues percutants apportent beaucoup de dynamisme à l'histoire qui se dévore très vite. Les personnages qui gravitent autour de Mélie, grand-mère idéale, sont tous justes et touchants. L'histoire est en outre saupoudrée d'une bonne dose d'humour et de fantaisie, ce qui n'empêche pas Barbara Constantine d'aborder des sujets plus graves comme la vieillesse et la maladie, mais toujours avec délicatesse et sans mélo, comme le titre l'indique. On sourit, on est ému, et au final complètement conquis par ce grand bol de fraîcheur et de tendresse, véritable ode aux plaisirs simples, aux petits bonheurs qui émaillent le quotidien et qu'il faut apprendre à savourer comme le font Mélie et son entourage.

Bref, À Mélie, sans mélo est un roman qui met de bonne humeur. Je prescris cet excellent remède à tous ceux qui sont d'humeur morose. Bien sûr, les autres peuvent aussi y goûter, ils ne s'en porteront que mieux !
 

Par Caroline - Publié dans : Lectures
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