Dimanche 24 août 2008
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Barcelone,1945. Un matin de juin, un modeste libraire emmène son fils de dix ans - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du
quartier gothique appelé le Cimetière des Livres Oubliés, où reposent des centaines de milliers de volumes tombés dans l’oubli. Daniel est convié à « adopter » un des livres. Ce sera
« L'Ombre du Vent », un roman d’un dénommé Julián Carax qui va changer le cours de son existence en l’entraînant dans une suite d’aventures aussi palpitantes que bouleversantes qui
mêlent mystère, passion et tragédie…
Attention, énorme coup de coeur ! Il faut dire que ce roman de l'espagnol Carlos Ruíz Zafón est littéralement envoûtant, et fait carton plein à tous les niveaux.
L’intrigue tout d’abord est foisonnante, imaginative et remarquablement bien construite. Elle s’articule autour de deux destins, celui de Daniel Sempere, le narrateur, et de Julián Carax,
l’écrivain maudit, qui se croisent et se font écho jusqu’à se rejoindre dans les derniers chapitres. L’Ombre du vent entremêle plusieurs genres littéraires avec brio : roman
d’apprentissage, historique, policier, gothique, d’aventures, d’amour, fantastique etc. Il y en a pour tous les goûts, et le mélange est savoureux. Romanesque au possible, l’intrigue est riche en
rebondissements, on ne s’ennuie pas une seconde malgré la longueur du livre (plus de 600 pages).
Les personnages, principaux comme secondaires, sont tout simplement fabuleux, et c’est peu dire qu’ils sont attachants. A la fois très humains et hauts en couleurs, il est difficile de les
quitter quand on arrive à la dernière page. Que ce soit l’énigmatique et séduisant Julián Carax, l’inquiétant individu défiguré qui brûle ses livres, l’hilarant Fermin Romero de Torres, le
mélancolique Miquel Moliner, le terrifiant inspecteur Fumero ou encore le vieux gardien du Cimetière, Isaac, et sa fille, Nuria, ils concourent tous à faire de L’Ombre du vent un petit
bijou. Et n’oublions pas la ville de Barcelone, qui est un personnage à part entière du roman. Une Barcelone sublimée, nimbée de brume et de mystère, mais également angoissante car encore hantée
par la guerre civile qui a opposé franquistes et républicains.
Cerise sur le gâteau, les aventures de Daniel Sempere sont racontées dans un style superbe, empreint de poésie (beaucoup de belles métaphores), d’humour et d'émotion. C’est un vrai régal (saluons
au passage la qualité de la traduction de François Maspero).
Que dire de plus ? Lisez, et laissez-vous emporter par la magie de cette histoire captivante, qui constitue un très bel
hommage au pouvoir de la littérature et à l’amour des livres. Ce n’est que du bonheur, de la première à la dernière ligne.
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