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Le Cercle du Phénix

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Le Cercle du Phénix
Les aventures de Cassandra Jamiston
Editions Flammarion
5 mai 2008
 



Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /2008 11:30


Un avertissement avant de commencer : ne lisez pas la quatrième de couverture des éditions La Découverte, car elle a le mauvais goût de résumer toute l'histoire. Idem pour l'introduction de Marylin French consacrée à Edith Wharton et à son oeuvre : elle est très intéressante, mais dévoile des éléments-clé de l'intrigue des Beaux Mariages (The Custom of the Country en VO).

Je poursuis mon exploration de l'oeuvre d'Edith Wharton avec ce roman publié en 1913 (merci à Stéphanie). Il retrace l'histoire d'Ondine Spragg, splendide jeune fille venue d'Apex à New-York avec ses parents pour tenter de trouver un époux qui lui apportera fortune et reconnaissance sociale. Il y a du courage de la part d'Edith Wharton à mettre en scène une héroïne aussi peu attachante. Ondine, dont la vanité n'a d'égale que l'ambition, n'a en effet rien de sympathique. Frivole et calculatrice, elle passe sa vie à acheter des robes et à échafauder des plans pour favoriser son ascension sociale, et peu importe qu'elle doive blesser les autres pour obtenir ce qu'elle veut. À sa décharge, elle est tellement égocentrique qu'elle a à peine conscience du mal qu'elle inflige à ses proches, et pense en toute bonne foi toujours agir pour le mieux (une de ses devises aurait pu être : si moi je suis heureuse, les autres le sont forcément également).

À travers le personnage d'Ondine, Edith Wharton peint une société codifiée à l'extrême, société qui emprisonne ses membres dans un carcan de conventions sociales et de préjugés tenaces. Une société dans laquelle les femmes sont quantité négligeable, toujours dépendantes de leurs maris et cantonnées à l'état de bibelots décoratifs. Ce système que dénonce Edith Wharton, Ondine en est finalement la victime : son statut de femme ne lui permettant pas d'entrer dans les affaires, elle utilise la seule arme dont elle dispose, sa beauté, pour gravir les échelons de la société. Aussi antipathique qu'elle soit, son insatisfaction permanente inspire de la compassion. Même quand elle atteint ses objectifs, elle est incapable de se contenter de ce qu'elle a obtenu. À ce titre, j'adore la dernière phrase du roman.

Les Beaux mariages, c'est aussi une passionnante analyse sociologique, qui décrypte différents types d'oppositions. Celle tout d'abord entre la vieille aristocratie new-yorkaise engoncée dans ses principes et méprisant l'argent, et les nouveaux riches qui bâtissent leur fortune à Wall Street, et dont le personnage d'Elmer Moffat, sorte de double masculin d'Ondine puisqu'il partage sa soif d'argent et son ambition, est l'incarnation. Celle ensuite entre la culture américaine et européenne, française notamment à travers le personnage de Raymond de Chelles.

Même si j'ai préféré Le Temps de l'innocence, qui reprend certains de ces thèmes, Les beaux mariages est un roman de grande qualité, dans lequel Edith Wharton fait preuve de son ironie et de sa subtilité habituelles, souvent teintées de cynisme. 

Les avis de Fashion, Stéphanie et Céline, également conquises.  

Par Caroline - Publié dans : Lectures
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