New-York, dans les années 1870. Newland Archer, membre de la haute société, est fiancé à la ravissante May Welland. Lors d'une soirée à l'Opéra, il
rencontre la cousine de sa future femme, la comtesse Ellen Olenska, de retour d'Europe. Ellen est auréolée d'une réputation sulfureuse car elle a quitté son mari et souhaite demander le divorce,
ce qui contrevient à toutes les règles de la bienséance. Newland et Ellen tombent amoureux l'un de l'autre, et le jeune homme se retrouve écartelé entre deux femmes. Aura-t-il le courage de
résister à la pression d'une société puritaine et de vivre sa passion pour la comtesse jusqu'au bout ?
Le Temps de l'innocence appartient au Panthéon de mes romans cultes. Il faut dire que l'histoire de Newland Archer, cethomme prisonnier des conventions sociales qui passe à côté de sa vie,est bouleversante. D'ailleurs, j'ai toujours les larmes aux
yeux lorsque je lis lesdernières pages du roman.
Tout est subtil et délicat dans Le Temps de l'innocence. L'écriture, les descriptions, les dialogues. Chaque phrase contient un monde de sous-entendus,
aucun détail n'est anodin.La haute société new-yorkaise de la fin du XIXe siècle est décritesans concession.
Avec finesse et ironie, voire un brin de cynisme, Edith Wharton met à jour ses intrigues, ses scandales, son hypocrisie,la cruauté dissimulée sous le
vernis de la frivolité et du bon ton, les traditions désuètes qui enchaînent ses membres.Et c'est bien là le
thème principal du livre : montrer à quel point la société peut broyer un individu lorsqu'il ne trouve pas le courage et la force de s'y opposer.
Je retiens également le magnifique personnage de la comtesse Olenska, une femme brillante et généreuse qui aspire simplement à la liberté mais se heurte à
l'étroitesse d'esprit de sa famille et de ses amis.Prisonnière, comme Newland Archer, des diktats imposés par son clan. Enorme coup de coeur, donc, pour cette histoire d'amour contrarié dont chaque mot, chaque phrase se déguste.
A noter que le roman a été adapté au cinéma par Martin Scorsese, avec dans les rôles principaux Daniel
Day-Lewis (Newland Archer), Michelle Pfeiffer (Ellen Olenska) et Winona Ryder (May Welland). Le film est somptueux et très fidèle au livre (sauf sur un point : dans le roman, Ellen est brune et May blonde ; dans le film, c'est l'inverse, mais on ne va pas chipoter). Je vous engage à le
voir si ce n'est pas encore fait !
Et une petite vidéo pour vous mettre en appétit : un montage des scènes entre Daniel Day-Lewis et Michelle Pfeiffer,
sur une superbe chanson d'Enya. Emotion garantie !
Vos commentaires