Au Nouveau-Mexique, en 1885, Randall Bragg (Jeremy Irons) et sa bande font régner la terreur dans la petite ville d'Appaloosa, allant jusqu'à éliminer le shérif et
ses adjoints. La communauté fait alors appel au shérif Virgil Cole (Ed Harris) et à son adjoint Everett Hitch (Viggo Mortensen), de fines gâchettes réputées savoir ramener l'ordre là où elles
passent. Mais Bragg va leur donner bien du fil à retordre...
En règle générale, je n'aime pas les westerns, mais j'ai fait une exception pour celui-ci en raison de son casting de choc : Ed Harris (qui est également à la réalisation), Jeremy Irons et
Viggo Mortensen réunis dans le même film, on ne peut pas rater çà. Et en effet, les acteurs tiennent toutes leurs promesses. Difficile de dire qui est le meilleur, les trois sont magistraux. Je
dirais même que le très charismatique Ed Harris fait de l'ombre à Viggo, ce qui est proprement incroyable (je le soupçonne d'avoir sournoisement enlaidi Aragorn avec un ridicule postiche pour lui
voler la vedette). Mais la bonne surprise vient surtout de Jeremy Irons. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu aussi convaincant et à l'aise dans son rôle. En fait, le maillon faible du
casting est Renée Zellweger, qui interprète Allison French, une veuve coquine qui va mettre le duo Virgil Cole / Everett Hitch à l'épreuve. On ne peut pas dire que Renée Zellweger démérite, elle
est même souvent assez drôle, mais je ne la trouve pas très crédible dans un western.
Le film en lui-même est très intéressant car il reprend tous les codes habituels du western (Indiens belliqueux, duels au revolver et attaque de train entre autres) en les détournant avec une
bonne dose de second degré. Il y a moins d'action que le résumé du film ne pourrait le faire croire, en revanche on rit beaucoup. Attention, Appaloosa n'est pas non plus un film comique, mais il
y a un côté décalé assez réjouissant, et Ed Harris use et abuse de l'ironie dans des dialogues souvent croustillants. La mise en scène épurée permet de mettre l'accent sur la psychologie des
personnages. A ce titre, la relation entre Cole et Hitch constitue le pivot du film, une belle amitié virile faite de complicité et d'humour, notamment lorsque Cole, un peu bourrin, a du mal à
trouver ses mots et que c'est Hitch qui lui souffle la réponse.
Une belle surprise au final, qui m'a réconciliée l'espace d'une soirée avec les westerns.
NB : Je profite de cet article pour signaler à l'académie des Oscars qu'il serait grandement temps que Viggo obtienne enfin la statuette ;-)
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