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Le Cercle du Phénix

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En vrac, des livres...












 







 



Le Cercle du Phénix
Les aventures de Cassandra Jamiston
Editions Flammarion
5 mai 2008
 



Dimanche 30 novembre 2008

 

Quatrième de couverture : Richard Saint-Vière est le plus fameux des tueurs des Bords-d'Eau, le quartier des pickpockets et des prostituées. Aussi brillant qu'impitoyable, violent à ses heures, ce dandy scandaleux gagne sa vie comme mercenaire en vendant ses talents de bretteur au plus offrant, sans trop se soucier de morale. Mais tout va se compliquer lorsque, pour de mystérieuses raisons, certains nobles de la Cité décident de se disputer ses services exclusifs ; Saint-Vière va dès lors se retrouver au cœur d'un inextricable dédale d'intrigues politiques et romanesques qui pourraient bien finir par lui coûter la vie... Au-delà du roman d'aventures mâtiné de mélodrame, au-delà de l'hommage savoureux rendu à Dumas et aux grands récits de cape et d'épée, À la pointe de l'épée est une œuvre forte, profondément dérangeante, sur la nature de la réalité et la moralité de la violence. Une inoubliable galerie de personnages plus grands que nature, désespérés au point de tout risquer.

 

Il est très rare que j'achète des livres grand format, surtout quand je ne connais pas l'auteur, mais j'ai craqué pour la magnifique couverture du roman À la pointe de l'épée, sous-titré Un mélodrame d'honneur. Et j'ai succombé d'autant plus facilement à la tentation que les romans de cape et d'épée ne sont pas légion à l'heure actuelle, si l'on excepte l'excellente série Capitaine Alatriste de l'espagnol Arturo Pérez-Reverte.

 

Bien qu'À la pointe de l'épée soit publié dans la collection Fantasy de Calmann-Lévy, il n'y a aucun élément fantastique dans le récit. Il se déroule simplement dans un pays imaginaire à une époque qui ressemble beaucoup à notre XVIIe siècle. Le pouvoir est détenu par la noblesse, qui réside sur la Colline de la capitale, tandis que le quartier des Bords-d'Eau est le repaire des truands, des exclus, des prostituées et des bretteurs, le travail de ces derniers consistant à se battre en duel à la place des nobles pour régler leurs questions d'honneur. Richard Saint-Vière est le plus habile des bretteurs, celui que toute la noblesse s'arrache, ce qui va lui attirer maints ennuis.

 

À la pointe de l'épée mêle habilement intrigues politiques et amoureuses, tout en alignant une galerie de personnages aussi complexes qu'ambigus (mention spéciale à la duchesse de Tremontaine), à commencer par le héros. Froid et en apparence uniquement motivé par l'argent et l'honneur, Richard Saint-Vière est humanisé par la relation passionnée qu'il entretient avec Alec, un ex-étudiant à l'humour acide et aux tendances suicidaires. J'ai beaucoup aimé le personnage d'Alec, son côté caustique et désespéré, au point que j'ai trouvé qu'il volait parfois la vedette à Richard. Alec est d'autant plus intéressant qu'on devine très vite qu'un mystère entoure ses origines, et que la résolution de ce mystère jouera un rôle-clé dans le dénouement de l'intrigue. Il y a des scènes assez drôles entre les amants, l'impassibilité de Richard contrastant avec l'arrogance et le caractère tumultueux d'Alec, mais aussi de l'émotion, car les deux souffrent de carences affectives flagrantes. Ellen Kushner arrive d'ailleurs très bien à retranscrire les sentiments de ses personnages sans tomber dans la niaiserie, tout comme elle excelle à planter le décor de leurs tribulations. Le monde feutré et policé de la Colline s'oppose à la rudesse de celui des Bords-d'Eau, mais dans les deux la violence règne, bien que sous des formes différentes.

 

On retrouve dans À la pointe de l'épée tous les ingrédients indispensables à ce type de roman, ingrédients qui sont très bien exploités : complots politiques, duels (même s'il n'y en a pas autant que la quatrième de couverture pourrait le faire croire, l'auteur préférant se concentrer sur ses personnages et les relations qu'ils entretiennent), passion, vengeance, trahison, le tout assorti d'une réflexion sur le pouvoir et l'honneur. Alors certes, on pourrait reprocher à l'intrigue globale de manquer d'ampleur, tandis que certaines intrigues secondaires laissent comme un goût d'inachevé (je pense notamment à celle concernant Lord Michael Godwin), mais dans l'ensemble c'est bien ficelé, l'auteur a une belle plume, et j'ai vraiment passé un excellent moment en compagnie de Richard et d'Alec.

 

A noter qu'il existe deux autres romans qui font suite à Swordspoint : The Fall of the Kings et The Privilege of the Sword. J'espère qu'ils seront également traduits en français.

 

Chimère a également beaucoup aimé.

Par Caroline - Publié dans : Lectures
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